Un mouvement local, des enjeux institutionnels
À Nanterre, le Pôle des admissions et des inscriptions (PAI) de l'Université Paris‑Nanterre est en grève depuis le 1er juillet. Les agents pointent une dégradation progressive des conditions d'accueil et un accroissement des tâches sans renforts humains, dans un contexte de coupes budgétaires, de dématérialisation et de réorganisations permanentes.
Le conflit s'inscrit dans une séquence sociale plus large au sein de l'université : au printemps, les personnels BIATSS ont mené un mouvement d'un mois contre le RIFSEEP et son application par la présidence, dénonçant une répartition des indemnités favorisant les échelons supérieurs. Les assemblées générales ont rassemblé jusqu'à 250 personnes, selon les sources syndicales, et ont fait émerger des revendications communes (frais d'inscription, sélection, privatisation, externalisations, répression syndicale).
"Chaque année, nous endossons de nouvelles tâches sans moyens supplémentaires, avec des économies faites sur le dos des étudiantEs les plus en détresse."
Les revendications et les points de rupture
Les personnels du PAI mettent en avant plusieurs motifs de colère : l'application du RIFSEEP jugée injuste (exemples chiffrés fournis par les agents : +250 €/mois pour certaines directions contre +13 €/mois pour des agents contractuels de catégorie C), la mise en place de terminaux de paiement à l'accueil décidée sans consultation et une accumulation d'unités de travail exigeantes sans renforts.
- Répartition des primes contestée et effets de concurrence entre catégories.
- Décisions managériales prises « verticalement », selon les personnels.
- Conditions d'accueil détériorées, amplifiées par des épisodes récents (canicule, réorganisations).
Calendrier et conséquences pratiques
La grève du PAI est décrite par ses initiateurs comme reconductible. Elle intervient alors que l'université entame la préparation de la rentrée administrative : inscriptions, accueil des étudiant·es étranger·es et gestion des dossiers comptables. Les agents indiquent que des mesures techniques — notamment l'introduction des TPE à l'accueil — ont été négociées en interne depuis avril 2025 et officiellement annoncées par mail le 1er avril 2026, sans concertation.
| Date | Événement |
|---|---|
| Avril 2025 | Discussions internes sur l'installation de TPE |
| 1er avril 2026 | Annonce par mail de la mise en place des TPE |
| Mai–juin 2026 | Mouvement BIATSS contre le RIFSEEP (AG jusqu'à 250 personnes) |
| 1er juillet 2026 | Début de la grève du PAI (reconductible) |
Sur le plan pratique, la mobilisation peut retarder les procédures d'inscription en présentiel et alourdir l'accueil téléphonique ou dématérialisé, affectant particulièrement les étudiant·es en situation précaire et les demandes nécessitant une prise en charge administrative personnalisée.
Points de tension et perspectives
Le conflit met en lumière des tensions entre la gouvernance de l'université et ses personnels administratifs sur la méthode (concertation vs décisions descendantes) et la redistribution des moyens. Les syndicats ont cherché à fédérer d'autres revendications — opposition à la hausse des frais pour les étudiant·es étrangers, refus de la privatisation de certains services, et critiques des restructurations des bibliothèques — ce qui complexifie les négociations potentielles.
À l'heure où la présidence a voté le RIFSEEP, les agents espèrent que la mobilisation relancera une dynamique de négociation avant la rentrée. Si aucun calendrier de reprise n'a été rendu public par les organisations, la multiplication des fronts sociaux à Paris‑Nanterre laisse présager des discussions tendues dans les semaines qui viennent.
Les étudiant·es et les familles sont invités à consulter les canaux officiels de l'université pour suivre l'évolution des inscriptions et des services d'accueil.