Une résurgence inquiétante après des années d’absence
Mayotte, qui avait supprimé la transmission locale du paludisme en 2010, observe depuis le 1er janvier 2026 une augmentation notable des cas. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, 244 infections ont été confirmées sur l’année en cours, réparties entre 161 cas importés, 25 cas acquis localement, 12 cas indéterminés et 46 dossiers encore à préciser.
Sur le terrain, course contre la montre des équipes de l’ARS
Face à cette recrudescence, les unités de lutte anti-vectorielle de l’Agence régionale de santé se concentrent sur les secteurs où plusieurs cas ont été identifiés, en particulier dans des quartiers en altitude du sud-est de l’île. Leur objectif : détecter rapidement les foyers, protéger les habitants et interrompre toute chaîne de transmission potentielle en limitant la prolifération de l’anophèle, le moustique vecteur du parasite.
« C’est quelque chose d’inédit », précise Ambdoul-Bar Idaroussi, chef du pôle de la lutte anti-vectorielle à l’ARS de Mayotte, rappelant l’absence de cas acquis localement entre 2021 et 2024.
L’ARS mène des actions ciblées de démoustication, de sensibilisation et de dépistage auprès des populations concernées. Le contexte régional, notamment la situation épidémiologique aux Comores où l’incidence du paludisme a augmenté ces dernières années, est considéré comme un facteur favorisant l’importation de cas et la pression infectieuse sur l’archipel.
Chiffres clés
| Indicateur | Nombre |
|---|---|
| Cas confirmés depuis 01/01/2026 | 244 |
| Cas importés | 161 |
| Cas acquis localement | 25 |
| Cas indéterminés | 12 |
| En cours d’investigation | 46 |
Conséquences et prévention pour la population
La remise en circulation du parasite expose Mayotte à un risque de reprise durable si les interventions ne parviennent pas à casser la transmission. Pour les habitants, les recommandations restent classiques mais essentielles :
- se protéger des piqûres de moustiques (repellents, vêtements couvrants, moustiquaires) ;
- consulter dès l’apparition d’une fièvre ou de symptômes inhabituels ;
- coopérer avec les équipes de dépistage et de démoustication en cas d’enquête locale.
Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une vigilance continue et d’une coopération régionale pour limiter les importations. L’ARS rappelle également que la situation reste susceptible d’évoluer au fil des investigations et des mesures prises.
Mayotte se trouve à un moment crucial : préserver les acquis des quinze dernières années dépendra autant de la réactivité des services de santé que du comportement préventif des habitants.