Un rapport, des attentes et peu de réponses
Près de dix-huit mois après le passage du cyclone Chido et presque un an suivant la promulgation de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte, Saïd Omar Oili tire la sonnette d’alarme. Dans une tribune publiée récemment, le sénateur estime que les engagements pris peinent à se traduire en réalisations concrètes et questionne la lisibilité du dispositif de pilotage mis en place.
Avec ses collaborateurs, l’élu a établi un document de 80 pages exposant un premier bilan financier et l’état d’avancement des 13 mesures prioritaires prévues par la loi. Ce rapport a été transmis aux plus hautes autorités — dont le Premier ministre et plusieurs ministres — ainsi qu’aux membres du comité de suivi, mais, d’après le sénateur, les retours ont été limités.
« Y a-t-il un capitaine dans le navire ? »
Seule exception notable, la ministre des Armées a détaillé les actions relevant de son périmètre. En revanche, le document n’aurait pas reçu d’accusé de réception de la ministre des Outre-mer, ce que regrette l’auteur du rapport.
La pêche, révélateur des dysfonctionnements
Pour illustrer les difficultés, Saïd Omar Oili prend en exemple la filière pêche. Il mentionne les obstacles liés à l’application de normes européennes pour les embarcations mahoraises ainsi que l’absence de décaissements rapides pour le renouvellement de la flotte. Selon lui, l’arsenal institutionnel mis en place — comme la création d’un comité local des pêches — ne répond pas aux urgences du terrain.
- Transparence : le rapport de 80 pages vise à clarifier l’affectation des fonds et l’état d’avancement des mesures.
- Coordination : Oili dénonce une gouvernance multiple et floue, source de retards.
- Filières : la pêche est citée comme exemple concret où les solutions annoncées tardent à produire des effets.
Conséquences locales et attentes
Pour les acteurs économiques et les habitants, l’enjeu est clair : derrière les rapports et les structures administratives, ce sont des emplois, des outils de production et des conditions de vie qui restent en suspens. Les pêcheurs concernés attendent des financements pour remplacer des embarcations et se conformer aux normes, sans quoi la relance de la filière risque d’être compromise.
| Élément | Chiffre / statut |
|---|---|
| Pages du rapport | 80 |
| Mesures prioritaires | 13 |
En appelant l'État à préciser le cadrage et à accélérer les réponses apportées, le sénateur place la question du pilotage au cœur du débat sur la reconstruction. Les prochains échanges entre autorités nationales et acteurs locaux seront scrutés : ils doivent permettre de transformer des promesses en actions tangibles sur le terrain.
Suite à cette tribune, la mobilisation des élus locaux, des professionnels de la mer et des services de l’État sera déterminante pour lever les verrous administratifs et financiers signalés par le rapport.