Contexte et chiffres clefs
Un peu plus d’un mois et demi après les deux séismes du 24 juin au Venezuela, les conséquences continuent de peser lourdement sur les populations de La Guaira et de Caracas. Selon Médecins Sans Frontières (MSF), les tremblements de terre ont fait plus de 6 300 morts et 1 400 disparus. Au-delà des besoins médicaux immédiats, c’est l’ampleur du choc psychologique qui retient l’attention des équipes humanitaires.
Des interventions multisectorielles face à des besoins majeurs
Sur le terrain, MSF déploie une réponse globale : cliniques mobiles dans plusieurs localités (Maiquetía, Catia La Mar, Tanaguarena et quartiers de Caracas), distributions d’eau, actions d’assainissement et soutien psychologique continu. Les équipes interviennent également à la morgue portuaire de Los Silos, réaménagée d’urgence pour faire face à l’afflux de dépouilles.
"C'est une chose de voir des images d'une catastrophe à la télévision ou sur les réseaux sociaux ; c'en est une tout autre de la vivre sur le terrain."
Cette phrase extraite du témoignage d’un membre des équipes MSF traduit la rupture entre perception médiatique et expérience vécue : le silence, la peur des répliques, la douleur des familles en quête d’un proche contribuent à un stress collectif durable.
La douloureuse épreuve de l’identification
La saturation des infrastructures funéraires a conduit à l’installation de dispositifs temporaires où les familles doivent procéder à l’identification visuelle. MSF signale des scènes « très dures » : des proches qui ne reconnaissent parfois qu’un tatouage ou un vêtement pour retrouver un défunt. Ce travail, essentiel pour les démarches administratives et le deuil, est aussi source d’un traumatisme supplémentaire pour les personnes concernées et pour les intervenants.
- Soutien psychologique : présence continue de psychologues et de cliniciens pour accompagner familles et secouristes.
- Soins mobiles : cliniques itinérantes pour garantir l’accès aux soins primaires dans les zones détruites.
- Actions sanitaires : approvisionnement en eau et mesures d’assainissement pour prévenir les risques d’épidémie.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Morts | 6 300+ |
| Disparus | 1 400 |
| Date des séismes | 24 juin |
Conséquences à moyen terme
Au-delà de l’urgence médicale, la prise en charge psychosociale apparaît comme une priorité pour prévenir l’aggravation des troubles mentaux post-traumatiques, faciliter le processus de deuil et soutenir la résilience des communautés. Les besoins en personnel formé, en ressources pour la prise en charge psychologique et en structures adaptées restent élevés. MSF rappelle que l’accompagnement des familles et des équipes locales est indispensable pour éviter une charge sanitaire prolongée.
La situation souligne par ailleurs la nécessité d’une coordination renforcée entre acteurs humanitaires et autorités locales pour gérer les flux de patients, organiser des dispositifs d’identification respectueux et proposer des soins intégrés, physiques et psychiques. À court terme, la priorité reste d’assurer la continuité des soins et d’accompagner les populations vers des dispositifs de suivi durable.