Un service communal malmené, des habitants privés
LOVÉLO, le service de vélos en libre-service déployé depuis juillet 2023 sur plusieurs communes de la métropole, subit depuis plusieurs mois une vague d'actes de malveillance et d'abus. La Métropole Rouen Normandie a récemment tiré la sonnette d'alarme : près de 300 vélos ont été dégradés, occasionnant un préjudice chiffré à plus de 100 000 €.
Mesures immédiates et contrôles renforcés
En réponse, l'autorité métropolitaine, en lien avec l'opérateur Citybike Normandie, annonce deux types de mesures :
- la fermeture temporaire de 17 stations particulièrement touchées — soit environ 13 % du réseau ;
- le renforcement des contrôles et l'application de sanctions aux usagers qui ne respectent pas les règles d'usage.
La Métropole rappelle qu'un grand nombre d'incidents résulte d'un mauvais usage : des vélos laissés sans être attachés aux arceaux via l'antivol intégré, ce qui facilite les vols ou détournements. Pour pousser au respect des règles, la collectivité annonce un système gradué d'avertissements puis de sanctions : suspension ou résiliation de compte, et des pénalités financières pouvant aller de 38 à 200 € en cas de récidive.
« Chaque usager doit impérativement attacher son vélo à un arceau à l'aide de l'antivol intégré à la fin de chaque trajet. »
Conséquences financières et judiciaires
Sur le plan administratif et judiciaire, la Métropole fait état de plus de 100 plaintes déjà déposées. Des interpellations ont eu lieu grâce à la coordination entre la Police nationale, les polices municipales et la Brigade anticriminalité (BAC). Le dossier a également été transmis au Procureur de la République de Rouen et au Parquet des mineurs, afin que les suites judiciaires soient engagées.
Un service étendu mais fragile
Le service LOVÉLO libre-service, lancé en juillet 2023, est aujourd'hui présent sur sept communes de la métropole : Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, Amfreville-la-Mi-Voie, Darnétal et Saint-Léger-du-Bourg-Denis. L'impact des fermetures de stations et des perturbations pèse sur l'offre de mobilité douce à laquelle de nombreux usagers avaient recours pour leurs déplacements quotidiens.
| Indicateur | Chiffre |
| Vélos dégradés | ≈ 300 |
| Préjudice estimé | > 100 000 € |
| Stations fermées | 17 (13 % du réseau) |
| Communes desservies | 7 |
| Pénalités prévues | 38 à 200 € |
Ce que cela change pour les usagers rouennais
Les habitants de Rouen et des communes voisines doivent s'attendre à une disponibilité réduite du service dans les secteurs touchés par les fermetures et à une surveillance accrue. Les mesures annoncées visent à responsabiliser les usagers mais risquent aussi d'entraîner des désagréments pour celles et ceux qui utilisent régulièrement les vélos en libre-service pour leurs trajets quotidiens.
À moyen terme, la Métropole devra trouver un équilibre entre sanction dissuasive et maintien de l'accessibilité du service, tout en poursuivant le travail avec les forces de l'ordre pour limiter les atteintes au matériel et réduire le coût global supporté par la collectivité.