Une justice qui s’explique au grand jour
À Saint-Denis, en plein cœur du chef-lieu, la Cour d’appel a choisi d’ouvrir grand ses portes ce vendredi 3 juillet 2026. Un format inhabituel, voulu public, pour répondre aux interrogations profondes nées du décès de la jeune Lyhanna. Citoyens, élus, associations et médias ont été conviés pour une après-midi d’échanges consacrée aux rouages de l’institution judiciaire et à ses limites. L’objectif affiché : clarifier, écouter, et assumer la transparence dans un moment de forte attente sociale.
Principe de publicité et accès aux audiences
Dès l’ouverture, les responsables de la juridiction ont rappelé un fondamental : la justice ne se rend pas à huis clos par principe. Les magistrats ont insisté sur la publicité des audiences et l’accès possible au public, sans convocation, sauf exceptions prévues par la loi. La première présidente, Fabienne Le Roy, a replacé le cadre républicain de l’action judiciaire.
« La justice est rendue au nom du peuple français »
À travers ce rappel, la juridiction souligne que chacun peut venir observer le travail des magistrats. Cette volonté d’ouvrir les portes au-delà des murs vise à retisser la confiance, parfois mise à rude épreuve lorsque survient un fait divers qui bouscule la société.
Un drame qui questionne, une institution qui s’interroge
Les cheffes de la Cour ont dit combien l’affaire a touché la communauté judiciaire. La procureure générale, Fabienne Atzori, a posé des mots simples et fermes sur la nécessité d’examiner ses pratiques, sans éluder la critique.
« C’est un événement absolument tragique »
Les magistrats ont dit partager une même interrogation : comment empêcher qu’un tel drame survienne à nouveau ? L’enjeu, ont-ils expliqué, est de dégager des enseignements concrets. L’exercice, sensible, passe par la lucidité sur les conditions de travail des juridictions, parfois contraintes par l’urgence et des éléments incomplets, sans que cela ne devienne une échappatoire.
« La première qualité d’un magistrat, c’est l’humilité »
Ce mot d’humilité revient comme un fil rouge : reconnaître les failles, progresser, expliquer sans se retrancher. Les responsables judiciaires ont invité le public à venir constater les réalités d’audience.
« Venez voir comment nous travaillons »
Vers des rencontres régulières avec le public
Cette séance est une première dans ce format à Saint-Denis. Les cheffes de cour souhaitent désormais en faire un rendez-vous régulier. L’idée : maintenir un canal de dialogue ouvert avec la population, pour éclairer les procédures, partager les contraintes et rappeler les garanties qui encadrent le fonctionnement de la justice. Une manière d’installer, dans la durée, un espace d’explication au-delà des temps de crise.
- Accès aux audiences rappelé comme un droit du public, sauf rares exceptions légales
- Reconnaissance des difficultés et appel à l’humilité dans la pratique judiciaire
- Volonté affichée de renouveler ces réunions pour nourrir la confiance
Des réponses attendues, des garanties rappelées
Tout au long de l’après-midi, les responsables ont détaillé le parcours d’un dossier, le rôle des magistrats, le cadre légal et les garde-fous procéduraux. Ils ont aussi reconnu l’écart qui peut exister entre l’attente du public et le temps judiciaire. Le message transmis se veut double : lucidité sur les limites, mais fermeté sur les principes. Réaffirmer la publicité de la justice et l’accessibilité des audiences, c’est donner des repères concrets dans une période chargée d’émotion.
Repères pratiques de la rencontre
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | Vendredi 3 juillet 2026 |
| Organisateur | Cheffes de la Cour d’appel de Saint-Denis |
| Public | Ouvert à toutes et tous (citoyens, élus, associations, presse) |
| Objet | Explications sur le fonctionnement de la justice et échanges avec le public |
| Suite envisagée | Volonté d’en faire un rendez-vous régulier |
À Saint-Denis, cette mise à nu de la machine judiciaire au moment où la société s’interroge n’efface pas la douleur, mais trace une voie : parler vrai, montrer, et associer le public aux principes qui fondent l’État de droit. L’enjeu, pour la juridiction dionysienne, sera de tenir ce cap dans la durée, au plus près des citoyens.