Un appui de proximité pour la santé mentale
À Morteau et à Maîche, le Groupe d’entraide mutuelle (G.E.M.) Com’tois tient une place croissante dans l’accompagnement des personnes en souffrance psychique. La structure suit aujourd’hui environ 30 adhérents répartis sur ses deux sites du Haut-Doubs. Son rôle : offrir un cadre stable, des temps partagés et un réseau de pairs pour rompre l’isolement, sans se substituer aux soins. Le G.E.M. Com’tois fait désormais partie des 36 signataires du nouveau contrat territorial sur la santé mentale du Doubs.
Un contrat 2026-2030 qui fixe des priorités
Ce contrat s’inscrit dans le Projet territorial de santé mentale pour la période 2026-2030. Parmi les priorités arrêtées, le développement des G.E.M. avec la création d’antennes sur la Vallée de la Loue et à Pontarlier, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail dédié à l’accueil des publics présentant des addictions au sein des G.E.M. L’objectif est clair : mailler plus finement le territoire (hors Pays Montbéliard Agglomération) et faciliter l’accès à des lieux d’entraide, au plus près des besoins.
La parole des usagers au cœur
Lors de la journée départementale consacrée à la santé mentale, le 4 juin à Besançon, la structure a pris la parole pour porter les réalités du terrain. Son président, Christophe Chopard, a insisté sur les freins concrets rencontrés par les adhérents, notamment la mobilité en soirée dans le Haut-Doubs. Son message, direct, a marqué l’auditoire composé de professionnels de santé, d’élus et de représentants de l’A.R.S..
« Il faudrait créer des moyens de transport le soir pour sortir. Le Haut-Doubs, le soir, c’est une cata, t’as pas un chat… Moi, je fais de l’auto-stop pour pouvoir sortir. Parler de la santé mentale, c’est bien gentil mais il faut aussi donner les moyens pour éviter l’isolement »
Son retour d’expérience illustre l’enjeu : sans solutions de déplacement, les adhérents peinent à maintenir des liens sociaux, pourtant essentiels à leur rétablissement. Le président, lui-même malvoyant, décrit aussi le chemin parcouru depuis son arrivée au G.E.M. en 2020.
« J’avais un caractère de chien. Le G.E.M. m’a permis de trouver un calme intérieur pour pouvoir parler au bon moment »
Un lieu ouvert, mais une image à clarifier
Le G.E.M. Com’tois se positionne comme un espace d’accueil et d’entraide destiné aux personnes en souffrance psychique. Deux animatrices accompagnent le quotidien des groupes, dont Aurore Nicolier-Bôle. Elle interroge la dénomination même de « groupe d’entraide pour personnes en souffrance psychique », qui pourrait, selon elle, freiner certains publics à franchir la porte. Le défi : lever l’autocensure et encourager l’accès à des espaces non stigmatisants, complémentaires des prises en charge médicales.
De nouveaux ancrages territoriaux en vue
Les extensions prévues sur la Vallée de la Loue et à Pontarlier répondent à une demande locale : rapprocher les dispositifs d’entraide pour éviter des déplacements coûteux, longs et parfois impossibles en soirée. La création d’un groupe de travail autour de l’accueil des personnes avec addictions en G.E.M. s’inscrit dans le même esprit : faciliter des parcours plus fluides, mieux articulés avec les acteurs sanitaires et sociaux du Doubs.
Enjeux concrets : mobilité, isolement, coordination
- Mobilité : manque de solutions le soir dans le Haut-Doubs, frein majeur à la vie sociale et associative.
- Isolement : le G.E.M. agit comme un point d’appui pour retisser du lien et des habitudes de vie collective.
- Coordination : l’inscription parmi les 36 signataires du contrat 2026-2030 renforce la coopération avec l’A.R.S. et les partenaires locaux.
Repères utiles
Le G.E.M. Com’tois opère sur deux communes du Haut-Doubs. Il accueille des personnes en souffrance psychique, dans une logique d’entraide et de pair-aidance. La structure n’est ni un service médical ni un lieu de soins, mais un espace de vie qui complète les suivis existants. Les perspectives territoriales mentionnées par le contrat visent à réduire les distances et à élargir l’accueil, notamment pour les publics confrontés aux addictions.
| Implantation | Public | Adhérents |
|---|---|---|
| Morteau | Personnes en souffrance psychique | Environ 30 (sur les deux sites) |
| Maîche | Personnes en souffrance psychique | Environ 30 (sur les deux sites) |
Le cadrage 2026-2030 doit permettre d’ouvrir de nouveaux points d’appui à l’ouest et au nord du massif, tout en adaptant l’accueil aux besoins. Le témoignage partagé à Besançon rappelle que l’accès à l’entraide passe aussi par des solutions de transport adaptées, en particulier en zone rurale et de montagne, où la densité de services reste limitée une fois la nuit tombée.