Un bateau qui frotte la terre, un rocher qui se découvre : signes visibles d’un niveau anormal
Depuis mi-juin, le Doubs et le lac de Chaillexon montrent des signes de stress hydrique perceptibles pour les usagers. À Villers-le-Lac et au Saut du Doubs, les opérateurs de promenade fluviale constatent une baisse de profondeur significative qui contraint leurs activités.
Sur les bateaux, les guides ponctuent désormais les croisières d’observations quasi géologiques : barques appuyées sur la rive, rochers naguère immergés qui émergent, îlots de terre découverts. Le phénomène n’est pas anodin. Mi-juin, le niveau du Saut du Doubs était mesuré à -1,20 m par rapport à la normale, perturbation aggravée par la canicule de fin juin.
Des compagnies familiales en première ligne
La navigation sur le site repose sur des acteurs historiques. La N.L.B. (Navigation sur le lac des Brenets), compagnie familiale fondée en 1962 par Jean-Claude Durig, est aujourd’hui dirigée par Yvan Durig et sa famille — Sophie, l’une des premières capitaines suisses dans les années 1990, et leurs filles Lindsay et Émily. Du côté français, Les Vedettes panoramiques du Doubs collaborent régulièrement avec la N.L.B.
Ces entreprises subissent à la fois des contraintes techniques et une érosion du flux touristique. «
“Il y a de plus en plus de problèmes d’eau, comme partout”,
résume un capitaine présent sur le site. La sécheresse oblige parfois à arrêter ou modifier les rotations des bateaux pour éviter d’endommager les coques et de mettre en danger la navigation.
Tourisme : un site moins visité qu’avant
Le Saut du Doubs, autrefois point d’attraction majeur, voit son affluence diminuer sur plusieurs décennies. Les chiffres évoqués par des acteurs locaux révèlent une baisse marquée :
| Époque | Visiteurs annuels (approx.) |
|---|---|
| Il y a ~40 ans | 400 000 |
| Actuellement | 100 000 |
Cette chute de fréquentation pèse sur les recettes des compagnies et des restaurateurs dépendants des flux de visiteurs.
Conséquences pratiques et réponses locales
Les effets observés sont concrets :
- Contraintes de navigation : réduction des itinéraires, risques pour la sécurité des embarcations.
- Impact économique : baisse des clients pour les compagnies et pour l’offre touristique locale (restauration, commerces).
- Gestion transfrontalière : coordination nécessaire entre opérateurs français et suisses pour maintenir l’activité.
Sur le terrain, les compagnies adaptent leurs pratiques : modification des points d’embarquement, recours à des bateaux électriques amarrés temporairement, ajustement des horaires et des circuits pour préserver l’accès aux zones navigables restantes.
Un site fragile entre climat et attractivité
Au-delà des solutions de court terme, la situation met en lumière la vulnérabilité du Saut du Doubs aux variations climatiques et au long déclin touristique. Les acteurs locaux pointent la nécessité d’un accompagnement — tant pour des aménagements techniques que pour des actions de relance touristique — afin de préserver cet espace transfrontalier et les emplois qui en dépendent.
Pour les habitants et les visiteurs : se renseigner auprès des compagnies avant de se déplacer reste indispensable. Les horaires et itinéraires peuvent évoluer rapidement en fonction du niveau d’eau et des décisions de sécurité prises par les exploitants.
Les noms cités : N.L.B. (Navigation sur le lac des Brenets), Les Vedettes panoramiques du Doubs, Jean-Christophe (capitaine), Jean-Claude Durig, Yvan Durig, Sophie, Lindsay, Émily, Muriel Michel.