Des champs asséchés, des têtes basses
Dans les parcelles qui entourent Saint-Jean-le-Comtal, le spectacle est sans équivoque : des rangées de tournesols au feuillage brûlé, des tiges rabougries et des capitules penchés vers le sol. Ces symptômes, visibles depuis plusieurs semaines à travers le Gers, traduisent une combinaison de sécheresse et de vagues de chaleur qui pénalisent la croissance des plantes et compromettent la récolte.
À la ferme Cap d'Aouba, l'exploitation familiale de Sylvain Dupuy, le constat est net : la production est attendue en forte baisse. L'agriculteur explique que les semis effectués fin avril ont manqué d'eau pour se développer normalement. Résultat, « ils n'ont pas grandi et sont tout secs ».
« On a semé les tournesols fin avril et ils ont très peu d'eau, voire pas du tout. Le rendement va être impacté, c'est sûr, on va les diviser par deux. »
Une filière sous pression
Sur l'exploitation de 130 hectares, 40 hectares sont dédiés aux tournesols. Une réduction significative du rendement se traduit directement par une baisse de revenus pour l'exploitant, déjà confronté à des séries d'aléas (grêle, sécheresse) au cours des dernières années. Pour lui, la situation devient préoccupante : "On ne se sort pas de salaire", confie-t-il, en évoquant la difficulté à maintenir l'activité familiale face aux incidents climatiques répétés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Surface totale de l'exploitation | 130 ha |
| Surface en tournesols | 40 ha |
| Horizon de dégradation constaté | Récolte 2026 (baisse attendue) |
Stratégies et contraintes
Face à la répétition des épisodes climatiques défavorables, l'agriculteur réfléchit à des pistes d'adaptation : diversification des cultures et mise en place d'une irrigation via un lac collinaire. Mais ces solutions exigent des investissements significatifs. En attendant, la ferme puisera dans ses stocks pour honorer des engagements, notamment des commandes d'huile destinées aux cantines des collèges du Gers.
- Conserver les approvisionnements à court terme en utilisant les stocks.
- Diversifier les cultures pour répartir le risque climatique.
- Installer des systèmes d'irrigation (projet évoqué) — coûteux mais potentiellement structurants.
Un signal pour le territoire
Le témoignage de cet exploitant gersois illustre une réalité partagée ailleurs dans la région : la vulnérabilité des cultures face à des saisons de plus en plus irrégulières. Pour les communautés rurales, c'est aussi un enjeu social — maintenir des revenus agricoles, préserver l'emploi local et assurer l'approvisionnement alimentaire des structures collectives.
Les décisions prises dans les mois qui viennent — soutien aux investissements, accompagnement technique, ou réorientation des assolements — détermineront la capacité des exploitations à absorber ces chocs climatiques. En attendant, les champs de tournesols gardent la trace d'un été sec dont les conséquences se mesureront à la pesée des récoltes.