Un chapitre se ferme, l’activité continue
Fin juin, les établissements Auribault, implantés à Villiers-en-Lieu, ont marqué la fin d’une histoire familiale longue de près de 90 ans : le dirigeant, Grégoire Follot, petit-fils du fondateur, a quitté ses fonctions pour prendre sa retraite, mettant un point final à la transmission familiale. La cérémonie, organisée le 27 juin, a rassemblé salariés et anciens salariés autour d’un moment de reconnaissance et de mémoire.
Au-delà de l’émotion, l’essentiel demeure : l’entreprise affiche une santé durable et poursuit son activité. Le groupe a évolué au fil des décennies, s’adaptant aux mutations du secteur laitier et rejoignant des structures collectives pour assurer sa pérennité.
Racines et virages décisifs
L’aventure Auribault débute en 1936 avec un commerce de produits laitiers tenu par Joseph Auribault. Les étapes suivantes montrent l’adaptabilité de la maison : déménagements, intégration commerciale et industrielle, et adhésion à des organisations plus larges. Ces choix ont permis à l’entreprise de traverser les générations et les transformations du marché.
« Bienvenue, au nom de notre famille. »
Les paroles prononcées par le dirigeant lors des adieux rappellent la forte empreinte familiale. Mais la transmission au sein de la lignée n’a pas été possible : les enfants de Grégoire Follot ont choisi d’autres parcours professionnels. Le départ du dernier membre familial à la tête ne signe pas l’arrêt de l’affaire, note-t-on au sein de l’entreprise.
Intégration et modernisation : les choix stratégiques
Pour rester compétitive, la société s’est rapprochée de structures collectives. Elle a notamment adhéré au Comptoir central du fromage (CCF) puis à la coopérative Maîtres Laitiers du Cotentin. Ces alliances répondent à une réalité du marché : la petite entreprise isolée peine à survivre face aux exigences logistiques et commerciales actuelles.
- Nombre de salariés : 47 présents lors de la fête (salariés et ex-salariés)
- Transmission : fin de la direction familiale après près de 90 ans
- Positionnement : intégration à des groupements professionnels pour sécuriser l’avenir
| Année | Événement |
|---|---|
| 1936 | Création du commerce de produits laitiers par Joseph Auribault |
| 1978 | Premier déménagement en zone industrielle |
| 1987 | Installation dans le bâtiment de Villiers-en-Lieu (ancien musée/halle) |
| 2026 | Départ à la retraite de Grégoire Follot et fin de la lignée familiale |
Conséquences locales et perspectives
Pour la commune et l’emploi local, la nouvelle direction et les partenariats industriels rassurent : l’entreprise reste active et intégrée à des réseaux plus larges. Les salariés, présents lors des adieux, témoignent d’un attachement à la maison et d’une volonté de voir perdurer l’activité. La modernisation des installations et l’appartenance à des structures collectives augurent d’une meilleure résilience face aux fluctuations du marché laitier.
La disparition de la gestion familiale transforme une page d’histoire locale — depuis le commerce de proximité jusqu’à l’entreprise industrielle en zone d’activité — sans pour autant menacer l’existence même des Établissements Auribault. Reste à écrire la suite, hors du cercle familial mais au sein d’un secteur structuré, où la pérennité dépendra des alliances commerciales et de la capacité à monter en gamme et en volumes.
Sur le plan pratique, l’activité se poursuit aux sites existants et les lignes de production restent opérationnelles. Les clients et partenaires ont été informés des changements de direction afin d’assurer une transition la plus fluide possible.
Cette page tournée rappelle combien, dans les petites communes, les entreprises familiales ont contribué à forger le paysage économique et social. Leur évolution, parfois hors de la famille, témoigne d’un équilibre délicat entre mémoire et adaptation aux exigences contemporaines.