Une arrivée sous les applaudissements et les drapeaux
Jeudi, en fin de journée, Marseille a réservé à Fadwa Barghouti un accueil manifestement chaleureux dès la gare Saint-Charles. Dans la foulée, l’avocate et militante palestinienne a rejoint la Maison des communistes, où l’attendaient des habitués des rassemblements dominicaux à porte d’Aix. Une large banderole à l’effigie de son époux, Marwan Barghouti, y a été déployée, donnant le ton d’une étape marseillaise au service d’une campagne internationale très structurée pour sa libération.
Un mot d’ordre assumé par le PCF 13
La venue a été organisée par la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, qui met en avant, depuis des mois, la cause du dirigeant palestinien. Son secrétaire départemental et sénateur, Jérémy Bacchi, a résumé la position des communistes, liant son sort à une perspective politique plus large pour la région.
« Le combat pour la libération de Marwan Barghouti est essentiel, à la fois pour l’homme mais également pour l’espoir de paix en Palestine. De notre point de vue il est le seul à tenir les clés d’une solution à deux États en Palestine, qui pourrait ouvrir la voie à une souveraineté du peuple palestinien sur ses terres »Une ligne qui s’inscrit dans la stratégie de visibilité soutenue par les militants locaux, mobilisés sur l’espace public marseillais semaine après semaine.
La voix de Fadwa Barghouti, entre dignité et détermination
Devant un public attentif, Fadwa Barghouti a insisté sur la portée symbolique et personnelle de ce combat.
« Marwan est un symbole de dignité nationale palestinienne. Ce n’est pas qu’un homme politique, c’est un être humain qui croit à la démocratie, aux droits, à la liberté et aux femmes »Elle a rappelé la dureté des conditions de détention de son mari, soumis à des violences et à de longues périodes d’isolement — cumulées, plus de 10 ans selon elle. Elle n’a pas pu le voir depuis quatre ans; il n’a pas vu grandir leurs enfants et ne connaît pas ses petits-enfants. Une phrase a résonné dans la salle, lourde de sens politique :
« Il n’y aura pas de paix sans sanction. »
Un contexte diplomatique rappelé
Sur les murs, une affiche du PCF rappelle la reconnaissance de l’État palestinien annoncée par Emmanuel Macron en septembre 2025. Signe que la séquence marseillaise ne se limite pas à l’hommage, les communistes veulent pousser plus loin.
« Le combat ne s’arrête pas là pour nous, communistes. Il s’agit d’avoir maintenant une véritable représentation diplomatique de la Palestine en France avec une ambassade à Paris et des consulats en région »a martelé le sénateur des Bouches-du-Rhône, liant ainsi le local et le national, Marseille et Paris, dans un même horizon d’actions concrètes.
Marseille, carrefour de mobilisations
La ville-port sert une nouvelle fois de caisse de résonance à des causes internationales. Les manifestations dominicales à porte d’Aix ont habitué les Marseillais à voir défiler pancartes et slogans ; l’étape à la Maison des communistes donne une matérialité politique à cet engagement de terrain. Entre les militants qui plient et déplient banderoles et les élus qui plaident auprès des autorités, la mécanique locale s’est rodée au fil des mois.
Ce que demandent les organisateurs
- La libération de Marwan Barghouti dans le cadre d’une issue politique au conflit.
- La consolidation de la solution à deux États, présentée comme l’horizon crédible par les organisateurs.
- La mise en place d’une ambassade à Paris et de consulats en région pour une représentation diplomatique palestinienne renforcée en France.
Sur le fil entre émotions et stratégie
La soirée a alterné évocations personnelles et messages politiques. À mesure que les soutiens s’exprimaient, le récit d’une famille séparée par la détention se doublait d’un appel à des leviers concrets — sanctions, pressons diplomatiques, ancrage territorial des actions en France. Sans effet de manche : le propos, ici, se veut opérationnel, et Marseille sert de point d’appui à une campagne qui traverse frontières et continents.
Et maintenant ?
Les organisateurs poursuivent leur campagne dans les Bouches-du-Rhône, misant sur la régularité des rassemblements marseillais et l’écho que peuvent trouver, à Paris comme en région, leurs demandes de représentation diplomatique. Dans la chaleur de l’été, la silhouette de Marwan Barghouti s’affiche sur les banderoles, tandis que sa cause continue d’agréger militants, élus et citoyens. Au sortir de la réunion, l’impression dominante tient en une image simple : des mains qui replient une banderole, un prochain rendez-vous à l’esprit, et la conviction que la ville continuera à faire caisse de résonance.