Un camp qui se transforme en « ville parallèle »
Au réveil, Tsoundzou II ressemble à un écho d'un village : silhouettes qui s’animent, enfants qui portent des bidons, personnes qui se lavent et discutent. Mais ici, les maisons sont des tentes ou des abris de bambous et de bâches, les rues n’existent pas vraiment et l’eau se mérite. En quelques mois, le rassemblement informel s’est développé le long de la route, dans la mangrove et jusqu’aux abords du lagon, formant ce que des habitants qualifient désormais de ville parallèle.
Ce camp est devenu le troisième grand lieu de regroupement des personnes exilées à Mayotte ces dernières années, après le camp de Cavani et les regroupements autour de Kwalé. Les emplacements changent, mais la situation des occupants reste stable : des hommes, des femmes et des enfants qui ont fui la guerre, la violence ou l’insécurité demeurent bloqués en attente d’une solution administrative.
Les conditions de vie sont dénoncées par les personnes présentes. Plusieurs résidents décrivent une précarité quotidienne : pénurie d’eau, accès alimentaire insuffisant et habitat insalubre. L’un d’eux, Arthur, originaire de la République démocratique du Congo, résume la situation :
« Depuis sept mois, nous vivotons. Nous essayons de vivre. Nous sommes là en train de patienter ».
Assis devant son abri, il décrit la difficulté d’obtenir de l’eau et la promiscuité des installations. D’autres évoquent des tensions autour des approvisionnements et l’absence d’un véritable plan d’organisation sanitaire ou d’accès aux services de base. Face à ces témoignages, la question du respect de la dignité humaine et de la sécurité sanitaire se pose avec acuité.
Conséquences locales et enjeux : l’extension du camp jusqu’au lagon alerte sur plusieurs plans. D’abord environnemental : l’avancée des abris vers des zones de mangrove et près du littoral expose des milieux fragiles. Ensuite sanitaire et social : l’absence d’infrastructure implique des risques accrus pour la santé et la sécurité, en particulier pour les enfants et les personnes vulnérables. Enfin, la prolongation de cette situation met la pression sur les acteurs locaux, associatifs et institutionnels appelés à trouver des solutions durables.
- Présence humaine : familles et personnes exilées vivant depuis plusieurs mois dans des conditions précaires.
- Accès aux ressources : manque d’eau et d’alimentation signalé par les habitants.
- Risque sanitaire et environnemental : installation jusqu’à la mangrove et au bord du lagon.
Dans l’histoire récente de Mayotte, Cavani (2023) puis des regroupements autour de Kwalé ont déjà marqué la gestion des flux migratoires. Le camp de Tsoundzou II, apparu en 2024 et dont des démantèlements ont eu lieu en 2025, reprend aujourd’hui une dynamique d’installation proche des zones urbaines, rendant la gestion encore plus complexe.
| Camp | Années citées |
|---|---|
| Cavani | 2023 |
| Kwalé (regroupements) | années récentes |
| Tsoundzou II | apparu en 2024, démantelé partiellement en 2025, réapparition actuelle |
Les voix des habitants appellent à des réponses concrètes : approvisionnement en eau, installations sanitaires, protection des enfants et solutions administratives pour les personnes en situation d’exil. Les associations locales et certains acteurs publics sont mobilisés, mais la question de la mise en place d’un dispositif structuré et durable reste entière. Pour les riverains et les autorités, la gestion de ces camps soulève désormais une urgence sociale, sanitaire et environnementale qui exige coordination et moyens.
Les prochains jours seront cruciaux pour savoir si des réponses adaptées — temporaires ou pérennes — seront trouvées afin d’empêcher que la situation humanitaire ne se détériore davantage à Tsoundzou II.