Une annonce qui trouble le fonctionnement de l'institut
Les agents de l'institut régional d'administration (Ira) de Bastia ont publié, le 2 juillet, un communiqué pour exprimer leur vive inquiétude. Ils estiment faire face à la possible suppression de six postes avant le 31 décembre 2027 et craignent que certaines tâches historiques de l'établissement ne soient confiées au niveau national.
Actuellement, l'Ira bastiais compte 23 agents. Selon des informations relayées par les représentants syndicaux, une décision non officielle prévoirait d'aligner chaque Ira sur un effectif de 17 agents, sauf pour celui de Nanterre. Pour les personnels, cette hypothèse poserait un problème d'opacité et de visibilité sur les emplois concernés.
- Situation actuelle : 23 agents à Bastia.
- Projet évoqué : réduction à 17 agents par Ira (Nanterre exclu).
- Calendrier : transformation institutionnelle au 1er janvier 2027, menaces de suppressions d'emplois d'ici fin 2027.
Un changement institutionnel national qui inquiète
Le contexte est celui d'une réforme nationale visant à mutualiser les Ira. À compter du 1er janvier 2027, les cinq Ira (Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes) seront intégrés au groupement des Instituts de service public (GISP), basé à Lille. Les établissements verront aussi leur dénomination évoluer : ils deviendront des instituts de service public (ISP).
Les agents bastiais redoutent que cette centralisation n'entraîne un transfert progressif des missions vers le GISP, au détriment des implantations locales. Le communiqué précise la demande adressée au chef du gouvernement pour clarifier la répartition des missions et éviter des décisions « non assumées publiquement ».
« Nous refusons toute suppression de poste arbitraire et toute mobilité forcée. » — Laura Ferrucci, représentante syndicale CFDT
Conséquences locales et appel aux élus
Pour Bastia, une baisse d'effectifs pourrait affecter la capacité de l'Ira à assurer ses missions de formation des cadres de l'État sur le territoire. Les agents insistent sur l'absence de transparence concernant les emplois ciblés et demandent un moratoire ou des discussions claires avant tout arbitrage.
Leur communiqué appelle les élus locaux à prendre position et à obtenir des garanties sur le maintien des compétences de l'Ira bastiais. Ils soulignent que la décision, si elle se confirmait, dépasserait le simple cadre administratif et toucherait la dynamique de formation publique en Haute-Corse.
| Élément | Chiffres / dates |
|---|---|
| Effectif actuel à Bastia | 23 |
| Effectif évoqué | 17 (standard annoncé pour chaque Ira, Nanterre exclu) |
| Date d'intégration au GISP | 1er janvier 2027 |
| Date butoir des suppressions annoncées | 31 décembre 2027 |
Les personnels réclament des éléments précis : quels postes seraient supprimés, quelles missions seraient transférées, et selon quel calendrier. Sans réponses, le climat social pourrait se tendre et inviter les organisations syndicales à des actions pour défendre les postes et l'autonomie de l'Ira de Bastia.
Sur le terrain, la question reste lourde d'enjeux. Entre maintien d'un service public de proximité et logique de mutualisation nationale, c'est le rôle même de l'institut local qui est interrogé. Les élus de la Haute-Corse, sollicités par les agents, disposent désormais d'une responsabilité claire : obtenir de l'État des engagements lisibles sur l'avenir de l'Ira bastiais.
La demande des personnels est simple et ferme : être informés et associés avant toute décision qui aurait des conséquences sur l'emploi et les missions locales.