Des guichets du droit inaccessibles faute de loyers réglés
Depuis le 3 août, plusieurs bureaux tenus par des cadis à Mayotte ont été condamnés par leurs propriétaires, en raison de loyers impayés réclamés au Département. À Sada et Mzouazia, des portes ont été verrouillées, contraignant des magistrats coutumiers à transférer leur activité. Le cadi de Sada a ainsi été déplacé au bureau du grand cadi à Mamoudzou.
Cette fermeture a des conséquences directes pour la population : formalités, demandes de renseignements et jugements supplétifs sont désormais retardés ou rendus impossibles pour les usagers qui se rendent chaque jour devant des locaux inaccessibles.
« C’est grave. Les personnes continuent de venir pour demander des renseignements »
Mohamed Abdallah évoque le cas d'un justiciable envoyé par le tribunal pour une demande urgente de jugement supplétif qui s'est vu renvoyer faute d'accès au bureau. Les cadis se trouvent pris entre l'urgence des demandes populaires et l'impossibilité matérielle d'assurer leurs missions.
Une crise organisée ou un défaut de paiement ?
Du côté des défenseurs des cadis, la décision du Département est dénoncée comme arbitraire. Soula Saïd Souffou, qui suit ce dossier, s'indigne de la situation et interpelle les élus locaux :
« Le conseil départemental, le département région a décidé de ne plus payer les loyers dans les bureaux des cadis des 17 communes. Beaucoup n’ont plus de cadi dans leurs enceintes ce qui est inacceptable. Le département n’a pas délibéré pour permettre ce genre de choses. »
À ce stade, l'Assemblée de Mayotte n'a pas communiqué publiquement sur le sujet, selon les cadis. Ceux-ci espèrent un accord rapide entre le Département et les propriétaires pour permettre la réouverture des locaux et la reprise des services.
- Impact direct : accès aux prestations judiciaires et administratives entravé pour les usagers.
- Localisation : locaux fermés signalés notamment à Sada et Mzouazia ; activité concentrée temporairement à Mamoudzou.
- Responsabilité contestée : les cadis pointent le Département pour non-paiement des loyers.
| Problème | Conséquence |
|---|---|
| Loyers impayés | Locaux condamnés par les propriétaires |
| Bureaux fermés depuis le 3 août | Retards et blocages dans les démarches (jugements supplétifs, renseignements) |
Sur le terrain, l'inquiétude des usagers est palpable : des personnes se déplacent encore, pensant trouver assistance, et repartent sans réponses. Les cadis continuent d'assurer leurs fonctions dans la mesure du possible, mais réclament un cadre stable pour exercer. La question reste ouverte : quelle solution administrative et financière le Département mettra-t-il en place pour garantir l'accès au droit sur l'ensemble du territoire ?
En attendant, les habitants concernés sont invités à se renseigner auprès des bureaux du grand cadi à Mamoudzou ou des municipalités pour connaître les modalités temporaires d'accueil et les alternatives disponibles pour leurs démarches urgentes.