Ralentissement technologique au cœur d'une séance stable
La Bourse européenne a fini la séance de lundi sur un bilan globalement stable, mais ce calme masque une franche faiblesse du secteur technologique. Si l'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran et la chute des cours du pétrole ont alimenté un mouvement haussier sur certains segments, les investisseurs ont sanctionné des valeurs clés du secteur, ASML en tête.
L'indice paneuropéen STOXX 600 a clôturé à 644,52 points, inchangé sur la journée après avoir atteint son plus haut depuis le 7 juillet. En revanche, l'indice technologique a reculé de 1,7 %, les informations faisant état d'une production chinoise de machines de lithographie par immersion en ultraviolet profond (DUV) ayant pesé sur les attentes relatives aux leaders historiques.
- ASML : -8,4 %
- ASM International : -7,1 %
- BE Semiconductor : -9,7 %
| Indice / Valeur | Mouvement |
|---|---|
| STOXX 600 (clôture) | 644,52 (inchangé) |
| Indice tech | -1,7 % |
| Baril de Brent | -7,2 % (sous 90 $) |
L'onde de choc s'explique principalement par un article du média The Information indiquant que la Chine a lancé la fabrication locale de machines DUV. Ces équipements sont des composants critiques dans la production de semi-conducteurs et la perspective d'une alternative chinoise au matériel longtemps dominé par ASML a entraîné une réévaluation du risque concurrentiel et des marges futures.
« La résilience des marchés boursiers européens est portée par ce retournement des prix du pétrole, et cela pourrait durer si nous continuons à voir les cours du brut baisser »,
a commenté Chris Beauchamp, analyste de marché en chef chez IG, rappelant que la baisse du pétrole a soutenu les titres liés au voyage et aux loisirs.
En effet, la détente géopolitique — Washington ayant suspendu des frappes sur l'Iran et Téhéran annonçant qu'il cesserait ses attaques contre des bases américaines — a provoqué un effondrement des prix de l'énergie : le Brent a reculé de 7,2 % et est repassé sous la barre des 90 dollars. Ce renversement profite notamment aux compagnies aériennes, avec Lufthansa, IAG et Ryanair qui ont chacune progressé de plus de 1 %.
Mais le contraste sectoriel est marqué : les valeurs énergétiques ont été la moins bonne performance du STOXX 600, abandonnant 2 %. À l'inverse, le repli technologique interroge sur la solidité des positions des fournisseurs d'équipements pour semi-conducteurs face à l'émergence d'une capacité manufacturière chinoise.
À court terme, les investisseurs surveillent aussi les événements macroéconomiques : la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale est attendue dans les jours suivants, et pourrait fournir de nouveaux éléments sur la trajectoire des taux et, par ricochet, sur l'appétit pour le risque.
En somme, la séance montre que les marchés européens peuvent rester globalement stables tout en intégrant rapidement des révisions de valorisation sectorielles lorsque des signaux industriels majeurs — ici la possible montée en puissance de la production de machines DUV en Chine — remettent en question des positions dominantes.