Une recommandation motivée par le fardeau sanitaire et la protection des plus fragiles
La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu, lundi 20 juillet, un avis favorable à l'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé. Saisie par le ministère de la Santé, l'institution invoque l'importance du fardeau sanitaire lié aux épidémies grippales et le risque de transmission aux personnes prises en charge, en particulier les personnes âgées.
Le périmètre proposé par la HAS comprend les professionnels de santé salariés et libéraux, les étudiants des filières médicales et paramédicales ainsi que les personnels des établissements médico‑sociaux en contact avec des personnes âgées, une population qui concentre une part élevée des hospitalisations et des décès attribués aux vagues grippales.
“les travaux pour mettre en œuvre l'obligation vaccinale des professionnels au contact des personnes les plus vulnérables”
Chiffres lourds d'hospitalisations et de mortalité
La HAS rappelle des données récentes pour justifier sa position :
- En 2023‑2024, la grippe a entraîné environ 53 000 hospitalisations, dont 26 500 chez les 65 ans et plus.
- La saison suivante a été associée à 92 000 hospitalisations et à un excès de mortalité d'environ 17 000 décès.
| Saison | Hospitalisations | Remarque |
|---|---|---|
| 2023-2024 | ~53 000 | 26 500 chez ≥65 ans |
| Saison suivante | 92 000 | Excès de mortalité d'~17 000 |
Conséquences pratiques et calendrier
Le gouvernement a annoncé qu'il engagerait «les travaux pour mettre en œuvre» cette obligation. Avant d'entrer en vigueur, la mesure nécessitera un décret précisant les modalités d'application et la liste précise des personnels concernés. Le ministère indique que le calendrier et les modalités seront précisés dans les prochaines semaines.
Arguments de la HAS sur la sécurité et l'utilité de la vaccination
La HAS met en avant le caractère sûr des vaccins antigrippaux et le bénéfice attendu d'une vaccination des soignants pour la santé des personnes prises en charge. L'institution juge qu'une obligation ciblée sur les professionnels au contact de populations vulnérables pourrait réduire la transmission nosocomiale et l'impact des vagues épidémiques sur les établissements de soins et médico‑sociaux.
Enjeux et débats à venir
La mise en place d'une obligation vaccinale soulève des questions organisationnelles (logistique des campagnes vaccinales, suivi vaccinal des personnels), juridiques (délimitation précise des catégories professionnelles concernées) et éthiques (proportionnalité de la contrainte). Les prochains actes réglementaires devront arbitrer entre protection collective et garanties individuelles, tout en assurant une communication claire auprès des équipes de santé.