Des structures prêtes mais cantonnées au rôle de « gare de triage »
À Mayotte, la contestation commence à se concentrer sur l'organisation des soins au sein du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) plutôt que sur le professionnalisme des équipes. Plusieurs acteurs locaux, dont un cadre hospitalier et un syndicaliste, interrogent la logique de répartition du personnel et des missions entre le siège de Mamoudzou et ses sites annexes.
Selon ces témoignages, les antennes de Pamandzi et de Dzoumogné, conçues pour désengorger l'hôpital principal, resteraient fréquemment cantonnées à un rôle de triage. Or, d'après les sources, elles disposeraient du matériel pour traiter une large partie des urgences. Le résultat, signalent-elles, est une évacuation systématique vers Mamoudzou, parfois pour des cas qui pourraient être pris en charge localement.
« Une fois de plus, la conséquence, en bout de chaîne, c’est le patient qui en fait les frais »
Les voix interrogées insistent sur un point : il ne s'agit pas d'une critique du personnel soignant — « autochtone ou expatrié » —, dont les efforts et la formation sont salués. Le reproche vise les choix managériaux qui, selon eux, conduisent à une iniquité dans l'accès aux soins entre patients selon le lieu de prise en charge.
Concrètement, cette organisation soulève plusieurs conséquences locales :
- Allongement des délais de prise en charge pour les patients évacués vers Mamoudzou ;
- Pression accrue sur le CHM principal, avec risque d'engorgement des services d'urgence ;
- Image dégradée des professionnels locaux, malgré leurs compétences reconnues.
Ces critiques s'inscrivent dans un contexte où la question de la santé est au cœur des débats publics. Selon la source, la comparaison avec certains établissements métropolitains et des hôpitaux voisins montre que, sur le plan technique et humain, Mayotte n'a « presque rien à envier ». Le problème relèverait donc d'une organisation et d'arbitrages administratifs plus que d'un manque de moyens matériels ou de compétences.
| Site | Rôle prévu | Rôle dénoncé |
|---|---|---|
| Pamandzi | Désengorger Mamoudzou | Gare de triage, évacuations fréquentes |
| Dzoumogné | Prise en charge locale | Rôle subalterne, évacuations |
| Mamoudzou (CHM) | Hôpital principal | Accumulation des urgences |
Pour les acteurs de terrain, la question est aussi politique : comment concilier la nécessaire centralisation de certaines activités et la décentralisation des soins pour garantir un droit égal à la santé sur l'ensemble du territoire ? Les témoignages recueillis appellent les directions successives à revoir leurs orientations afin d'éviter que l'organisation ne pénalise les patients plutôt que de servir leur intérêt.
Face à ces accusations, la direction du CHM et les autorités sanitaires n'ont pas été entendues directement dans les éléments fournis. Les interrogations portent désormais sur la transparence des arbitrages et sur l'ouverture d'un dialogue avec le personnel et les représentants syndicaux pour alinéer ressources, compétences et organisation sur les besoins réels des Mahorais.
En attendant, les usagers restent au cœur d'une bataille administrative dont l'issue déterminera l'accès effectif aux soins d'urgence dans plusieurs communes de l'île.