Un conflit social qui perdure devant l'usine historique
Depuis six semaines, la grille de l'usine Haribo à Marseille est le théâtre d'un mouvement social tenace. Les salariés, implantés sur le site depuis 1961, réclament une revalorisation générale de 100 € par mois après l'échec des NAO (négociations annuelles obligatoires). Le conflit se traduit par des rassemblements réguliers et un appel à un nouveau rassemblement ce jeudi devant l'usine.
Des offres jugées insuffisantes par les syndicats
Selon les syndicats, la direction a d'abord proposé une augmentation de 0,9 %, puis, après un mois de grève, a relevé sa proposition à 1,5 %, soit environ 18 € bruts par mois. Les organisations dénoncent cette réponse comme dérisoire et pointent du doigt la répartition des bénéfices au sein du groupe : Haribo a réalisé 32 millions d'euros de bénéfice en 2024, remarque la représentation syndicale.
Une production à l'arrêt partiel
Le mouvement n'est pas sans conséquence sur la chaîne de production. D'habitude, l'usine expédie environ 300 palettes de bonbons par jour. Aujourd'hui, selon Thierry Cambola de FO, la cadence est tombée à une dizaine :
« Au lieu des 300 palettes de bonbons par jour, il n’y en a plus que 30 qui sortent. »
Cette baisse de régime affecte non seulement la trésorerie du site, mais pose aussi la question des sous-traitants et des flux logistiques qui dépendent de l'usine marseillaise.
- Revendiation principale : +100 € par mois pour tous
- Proposition de la direction : 0,9 % puis 1,5 % (≈ 18 € brut)
- Résultat 2024 du groupe : 32 M€ de bénéfice
- Production : 300 → 30 palettes/jour
Enjeux locaux et perspectives
Cette lutte éclaire plusieurs enjeux pour Marseille : la pérennité d'un site industriel historique, le pouvoir d'achat des ouvriers et la perception locale de la redistribution des profits. Si la direction maintient une position limitée sur les augmentations salariales, le bras de fer pourrait s'enliser et peser durablement sur l'activité du site et l'emploi indirect.
Pour l'heure, la situation reste bloquée. Les salariés continuent d'occuper les abords de l'usine et d'organiser des mobilisations. Les prochains jours, et en particulier le rassemblement annoncé, seront observés de près par les acteurs économiques et politiques locaux, ainsi que par les clients et partenaires du groupe.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Durée de la grève | 6 semaines |
| Demande syndicale | +100 € / mois |
| Offre direction | 0,9 % puis 1,5 % (~18 € brut) |
| Bénéfice 2024 | 32 M€ |
| Production quotidienne | 300 → 30 palettes |
La situation à l'usine Haribo de Marseille illustre une fois encore la sensibilité des équilibres entre profitabilité des groupes et revendications salariales locales. La suite des négociations déterminera si l'entreprise et ses salariés parviennent à trouver un terrain d'entente, ou si la production restera durablement affectée.