Une maladie que l'on croyait maîtrisée revient dans certaines communes
Mayotte enregistre depuis le début de l'année 244 cas de paludisme, dont 25 infections acquises localement, selon le bulletin de Santé publique France daté du 26 juin. Plusieurs foyers apparaissent dans le sud de l'île, notamment à Chirongui, mais aussi à Bandrélé et Dembéni. Pour l'ensemble de l'année 2025, 111 cas avaient été notifiés, dont cinq autochtones.
La présence permanente du moustique Anopheles, vecteur du parasite, et l'augmentation des cas dans les pays voisins sont pointées comme facteurs favorisant la reprise locale de la transmission. Le délégué régional de Santé publique France, Youssouf Hassani, estime que la progression de l'épidémie dans l'océan Indien explique en partie cette hausse.
« Ça fait vraiment peur, les déchets attirent les moustiques », s'inquiète Zarianti Houmadi en observant une rivière polluée à Chirongui.
Des riverains peu informés, des signes cliniques à connaître
Sur le marché du village, l'information n'a pas toujours circulé. Nini Irene, vendeuse de fruits, confie ne pas savoir que le paludisme est de retour à Mayotte. Cette méconnaissance locale de la recrudescence rend l'information et la prévention d'autant plus essentielles.
Le paludisme se manifeste classiquement par des accès de fièvre et des maux de tête ; il peut évoluer vers des formes graves et être mortel si le diagnostic et la prise en charge ne sont pas rapides. Les autorités sanitaires renforcent la surveillance et les actions de contrôle pour limiter la circulation du parasite.
Un contexte régional qui pèse
La situation sanitaire dans l'océan Indien contribue à la dynamique observée à Mayotte : aux Comores, le nombre de malades dépasse 20 000 par an depuis 2022, selon l'Organisation mondiale de la santé. À Madagascar, les derniers bilans cités font état de 2,8 millions de cas en 2023, contre 1,7 million l'année précédente. Ce trafic de personnes et de flux entomologiques augmente le risque d'importation de cas et, par conséquent, la probabilité de transmission locale.
Que faire localement ?
- Surveiller les symptômes : en cas de fièvre, maux de tête ou signes inhabituels, consulter rapidement un service médical.
- Réduire les gîtes larvaires : limiter les eaux stagnantes et la pollution des cours d'eau qui favorisent la prolifération des moustiques.
- Se protéger la nuit : moustiquaires et répulsifs sont des barrières simples contre les piqûres d'anophèles.
- S'informer : contacter les centres de santé locaux ou Santé publique France pour connaître les consignes et dispositifs en place.
Données synthétiques
| Année | Cas totaux signalés | Cas acquis localement |
|---|---|---|
| 2025 | 111 | 5 |
| 2026 (depuis janvier) | 244 | 25 |
Face à cette recrudescence, les acteurs de santé locaux appellent à la vigilance collective et au renforcement des mesures simples de prévention. La diffusion rapide d'informations auprès des habitants des secteurs concernés reste une priorité pour limiter l'extension des foyers et protéger les populations les plus vulnérables.
Article rédigé à partir des données du bulletin de Santé publique France et des témoignages recueillis sur le terrain.