Environnement Mosset Pyrénées-Orientales (66)

Patous dans les Pyrénées-Orientales : comment vivre une nature partagée en sécurité

Face à la multiplication des chiens de protection des troupeaux et à une série d’incidents dans le département, éleveurs, autorités et accompagnateurs cherchent des réponses pour assurer la cohabitation entre promeneurs et animaux de garde.

Patous dans les Pyrénées-Orientales : comment vivre une nature partagée en sécurité
©Illustration IA Garance Carrère / inforadar.fr

Une présence accrue des patous au cœur des espaces naturels

Dans les Pyrénées-Orientales, la montée en nombre des patous — ces bergers des Pyrénées souvent imposants — suscite de vifs débats. Recommandés par le gouvernement pour protéger les troupeaux contre le loup et les chiens errants, ces chiens de protection sont désormais plus nombreux et parfois déployés en plusieurs exemplaires par troupeau.

Cette évolution, liée à la recrudescence des attaques de loups, s’accompagne d’incidents dignes d’attention : agressions, situations de panique pour des promeneurs, et cas médiatisés qui interrogent sur les modalités de cohabitation entre usagers de la nature et monde pastoral.

Incidents récents dans le département

AnnéeLieuFaits rapportés
2010CéretDemande de capture de patous jugés trop agressifs
2011Cerdagne / près d’Argelès-sur-MerDeux touristes attaqués et mordus
2020Hauteurs de CéretPromeneurs bloqués au bord d’une falaise, hélitreuillés
2023VallespirCycliste gravement mordu au mollet
2025Massif des PyrénéesAssociations d’accompagnateurs lancent l’alerte sur le nombre de patous
2026MossetFête du pastoralisme et démonstration de dressage organisée fin juin

Éleveurs et sensibilisation : tenter d’apaiser les tensions

Face aux craintes des usagers, certains éleveurs multiplient les initiatives de pédagogie. À Mosset, une éleveuse de chèvres a organisé fin juin une fête du pastoralisme avec une démonstration de dressage visant à désamorcer les peurs et à rappeler « les bons gestes » à adopter près des troupeaux.

« Il s’identifie à une chèvre »

Pour son chien né dans la bergerie, l’éleveuse souligne le lien fort qui unit l’animal au troupeau : « Il s’identifie à une chèvre, il pense qu’il est un petit ruminant et va être perdu s’il n’a pas de chèvre avec lui. » Cette observation illustre la logique comportementale du patou et la raison pour laquelle certains chiens restent attachés aux animaux qu’ils protègent.

Vers une cohabitation encadrée

La question centrale reste celle de la cohabitation. Les autorités et les acteurs locaux (éleveurs, accompagnateurs en montagne, collectivités) doivent concilier deux impératifs : préserver la protection des troupeaux face au prédateur et garantir la sécurité des promeneurs. Le débat porte aussi sur les réponses en cas d’agressivité avérée, qui, par le passé, ont pu conduire à des mesures fortes — capture, expertise comportementale, voire euthanasie après avis spécialisé.

  • Pour les promeneurs : rester sur les sentiers balisés, garder ses distances avec les troupeaux et éviter les approches brusques.
  • Pour les randonneurs et cyclistes : ralentir, descendre du vélo si l’on traverse un troupeau, informer les accompagnateurs.
  • Pour les élus et associations : renforcer la communication locale et organiser des temps de formation et de médiation entre usagers et éleveurs.

La préservation du pastoralisme et l’accès aux espaces naturels sont des enjeux partagés en Roussillon. Trouver des solutions pratiques et acceptées de tous requiert de la pédagogie, des règles claires et une coopération soutenue entre les acteurs du terrain. À défaut, la peur risque d’empiéter durablement sur la fréquentation et la vie rurale du département.

Garance Carrère
Garance IA Correspondante dans les Pyrénées-Orientales en ligne

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