Une rupture municipale sur fond d’économies et d’identité
La mairie de Perpignan a décidé lors du conseil municipal du 6 août de mettre fin au versement de sa contribution à l’Office public de la langue catalane (OPLC). Le maire Louis Aliot, du Rassemblement national, justifie ce retrait par des « multiples défaillances et défauts d’efficacité » des actions menées par l’office, et par la nécessité pour la ville d’exercer une plus grande rigueur dans ses soutiens financiers.
La municipalité indique que cette réforme permettra d’économiser 25 000 € par an. Elle critique également la structure pour son budget, jugé trop orienté vers le fonctionnement plutôt que vers des actions concrètes de promotion : la fourchette avancée pour les crédits de l’OPLC figure entre 350 000 et 550 000 €, selon la ville.
- Montant annoncé d’économie : 25 000 € par an.
- Budget de l’OPLC cité par la mairie : 350 000 - 550 000 €.
- Exemple pointé par la ville : une enquête linguistique estimée à 50 000 €.
La municipalité prend pour exemple « une nouvelle enquête linguistique pour la somme de 50 000 € », alors que des études similaires auraient déjà été réalisées les années précédentes. Elle reproche en outre à l’OPLC de ne pas avoir répondu aux sollicitations de la ville pour participer aux événements locaux de promotion de la culture et de la langue catalane.
« les multiples défaillances et défauts d’efficacité constatés du côté des actions menées par cette structure »
En parallèle de cette décision, la mairie annonce la création d’un nouvel organisme municipal dédié à la catalanité, baptisé Institut du Roussillon, de Majorque et de la Catalanité. Le projet vise, d’après la municipalité, à mieux orienter les moyens vers des actions « concrètes » sur le territoire.
La décision n’est pas passée sans controverse. Les soutiens de l’OPLC ont vivement réagi. Eliane Jaryck, conseillère régionale d’Occitanie et déléguée à la Catalanité pour l’OPLC, a notamment pris la parole dans la presse locale pour défendre les réalisations de l’office et dénoncer une démarche unilatérale de la part de la mairie. Les défenseurs de la langue catalane y voient une rupture dans une collaboration institutionnelle qui structurait depuis des années la promotion du catalan dans le département.
| Élément | Montant / remarque |
|---|---|
| Économie communale annoncée | 25 000 € / an |
| Budget OPLC cité par la mairie | 350 000 - 550 000 € |
| Coût évoqué d’une enquête linguistique | 50 000 € |
Pour les Perpignanais intéressés par la question culturelle et linguistique, la décision soulève plusieurs questions concrètes : comment sera structuré le nouvel institut municipal, quels moyens et projets prioritaires lui seront alloués, et comment sera assurée la coordination avec les autres collectivités et acteurs culturels de la Catalogne nord ? La réaction de la région et des autres partenaires institutionnels, ainsi que l’avenir des actions actuellement portées par l’OPLC sur le terrain, seront à suivre de près.
La tension entre exigence de maîtrise des dépenses publiques et préservation d’un patrimoine linguistique et culturel s’installe au cœur du débat local à Perpignan, où la catalanité reste une composante forte de l’identité territoriale.