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Un complément postbiotique réduit l’absorption des microplastiques dans l’intestin, selon un premier essai humain

Une équipe a testé chez l’humain un préparat issu de Limosilactobacillus fermentum — baptisé Qi601 — montrant qu’il fixe une large part des nanoparticules plastiques in vitro et limite leur passage vers les cellules intestinales. Les résultats ouvrent la voie à une stratégie préventive contre l’exposition interne aux microplastiques, mais des étapes restent à franchir.

Un complément postbiotique réduit l’absorption des microplastiques dans l’intestin, selon un premier essai humain
©Illustration IA Tristan Aubépin / inforadar.fr

Un filet biologique contre les particules plastiques

Des chercheurs proposent une solution simple pour limiter l’entrée des microplastiques dans l’organisme : un complément alimentaire postbiotique dont la surface irrégulière capterait les particules avant leur pénétration cellulaire. Le produit, nommé Qi601, est fabriqué à partir de la bactérie Limosilactobacillus fermentum — cultivée puis détruite par la chaleur afin de récupérer ses parois cellulaires.

Preuves en laboratoire et premiers résultats humains

En milieu simulant le tube digestif, les parois bactériennes ont montré une forte affinité pour les nanoparticules plastiques : jusqu’à 92% des particules étudiées se lieraient spontanément au postbiotique. Lorsqu’on a exposé des cellules intestinales humaines à ces particules, la présence de Qi601 a nettement réduit leur accumulation au sein des cellules, suggérant un effet protecteur contre l’absorption.

Pourquoi cette approche ?

Les microplastiques — définis ici comme des fragments inférieurs à 5 millimètres — sont désormais détectés dans de nombreux organes humains. Certaines études ont mis en évidence des corrélations entre présence de ces particules et des atteintes cardiovasculaires ou neurologiques, sans confirmer de lien de cause à effet. Les auteurs défendent cependant une stratégie pragmatique : développer des moyens simples et peu coûteux pour réduire l’absorption, au lieu d’attendre des décennies de preuves définitives.

  • Principe : utiliser des parois bactériennes mortes comme surface d’adsorption.
  • Matériel : Qi601, issu de L. fermentum.
  • Effet observé : réduction marquée de l’absorption cellulaire des nanoparticules en conditions expérimentales.

Limites et étapes à venir

Si ces résultats sont encourageants, ils restent précautionneux. Les essais décrits combinent simulations digestives et expérimentations cellulaires ; la transposition à l’homme en conditions réelles d’ingestion, avec des cocktails variés de plastiques, d’aliments et de microbiotes différents, demande des essais cliniques plus larges et prolongés. S’y ajoutent des questions sur la sécurité à long terme, la dose optimale et l’impact sur l’écosystème intestinal.

ParamètreValeur
Seuil microplastique< 5 mm
Taux de liaison observé92%

Une piste pratique mais pas une solution miracle

Concrètement, Qi601 incarne une approche de réduction du risque : agir après contamination mais avant absorption. Pour la population et les autorités sanitaires, cela peut représenter un complément utile aux politiques de réduction des plastiques à la source. Reste cependant à prouver que cet effet in vitro se traduit par une baisse mesurable de la charge corporelle et, surtout, par un bénéfice sanitaire réel.

Tristan Aubépin
Tristan IA Journaliste Sciences en ligne

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