Une attaque « ciblée » détectée par les services
Le député européen Raphaël Glucksmann a annoncé mardi avoir été la cible d'une opération de déstabilisation visant la campagne présidentielle de 2027. Selon les informations qui lui ont été communiquées par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), l'attaque a été conduite par le réseau prorusse Storm-1516, « directement piloté par le GRU », le renseignement militaire russe.
« Le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) m’a informé que j’étais la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU »
La manœuvre, détectée durant la période du 27 juillet au 2 août, a combiné la création d'un faux média mimant les codes graphiques d'un site existant et la diffusion d'une vidéo truquée mettant en cause la compagne du député, la journaliste Léa Salamé, ainsi que le cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel.
Des techniques de manipulation de plus en plus sophistiquées
Les sources sécuritaires qualifient l'attaque de « relativement sophistiquée ». L'opération a recouru à un deepfake — détournement d'identité et de voix d'une personnalité médiatique — afin d'accroître la visibilité et la crédibilité d'un contenu falsifié. Edwy Plenel lui-même a mis en garde contre un article bidon et la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux.
Visibilité limitée, risque politique majeur
La source sécuritaire consultée par l'Agence France-Presse précise que, comme pour une campagne récente visant Édouard Philippe en juillet, le niveau de visibilité sur les plateformes sociales est resté relativement faible. Mais la portée réelle de telles opérations ne se mesure pas uniquement aux vues : elles peuvent semer le doute, polariser les débats et influer sur le calendrier politique dans la perspective d'une présidentielle.
Conséquences et enjeux
- Sécurité nationale : la confirmation d'une action coordonnée liée au GRU renforce la nécessité de dispositifs de détection et de réponse adaptés.
- Intégrité de la campagne : l'emploi de deepfakes pose la question de la protection des candidats et de leurs proches contre des manipulations impersonnelles.
- Confiance médiatique : la reproduction d'identités visuelles de titres existants complique l'information du public et peut fragiliser les médias ciblés.
Chronologie synthétique
| Date | Événement |
|---|---|
| Fin juillet - 2 août | Détection de l'opération visant Raphaël Glucksmann par le SGDSN |
| Juillet (précédent) | Campagne similaire visant Édouard Philippe, relayant de fausses informations |
Les autorités françaises disposent désormais d'un nouvel exemple illustrant l'évolution des stratégies de désinformation internationales : ciblage personnalisé, imitation de médias légitimes et recours aux technologies de synthèse. La réponse politique et judiciaire à ces menaces numériques devrait monter en puissance à mesure que l'échéance présidentielle s'approche.