Une feuille de route régionale qui interpelle Mayotte
La Commission de l’océan Indien (COI) a adopté un Plan d’action pour l’économie bleue 2025-2030 visant à coordonner des politiques maritimes durables dans l’ensemble de l’Indianocéanie. Pour un territoire entouré par l’un des plus grands lagons du monde, ce document fait résonner des opportunités — mais aussi des impératifs — pour reconstruire et moderniser des activités maritimes mises à mal.
À Mayotte, la pêche reste majoritairement artisanale. Mais la filière montre des fragilités structurelles : elle ne couvre pas l’ensemble des besoins locaux et a souffert des conséquences directes du passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024. Embarcations détruites, points d’appui endommagés, circuits d’approvisionnement perturbés : les effets sont encore perceptibles.
« Les gens pensent que les destructions sont seulement sur la terre, mais dans l’océan aussi il y a eu beaucoup de dégâts »,
témoigne Abdou, artisan-pêcheur, pointant une réalité souvent moins visible mais déterminante pour la sécurité alimentaire et les revenus des familles.
Des programmes régionaux mobilisables
Plusieurs initiatives soutenues par des partenaires internationaux cherchent à améliorer la gestion et la résilience des pêcheries dans la région. Parmi elles :
- SWIOFISH (soutien Banque mondiale) — axé sur la gestion durable des ressources et le renforcement des capacités ;
- ECOFISH (financement UE) — visant à lutter contre la pêche illégale et à sécuriser les filières.
Ces cadres régionaux offrent des méthodes et des financements qui pourraient être adaptés aux réalités mahoraise : amélioration des infrastructures d’embarquement, formation des pêcheurs, meilleure surveillance des zones de pêche et appui à l’aquaculture locale.
| Indicateur | Situation |
|---|---|
| Couverture des besoins locaux en produits de la mer | Plus de 50% couverts par des importations |
Enjeux et pistes d’action pour Mayotte
Pour rendre la filière plus résiliente, les acteurs locaux et les décideurs pourraient prioriser :
- la réparation et la modernisation des embarcations et quais;
- le développement d’unités de transformation locaux pour réduire la dépendance aux importations;
- la diversification via l’aquaculture durable pour compenser la baisse des captures;
- la coopération régionale pour partager données, techniques et moyens de surveillance.
Ces options demandent toutefois une coordination serrée entre institutions locales, opérateurs économiques et partenaires régionaux afin d’être efficaces et socialement acceptables.
En toile de fond, la question de la sauvegarde des écosystèmes demeure cruciale : protéger les récifs et les stocks est une condition nécessaire pour que les activités de pêche assurent à long terme alimentation et emplois.
À Mayotte, les enseignements du plan de la COI ne sont pas des recettes clés en main. Ils constituent cependant un cadre et des outils possibles pour reconstruire après Chido et repenser une économie maritime qui soit à la fois productive et durable.